Rentrée Littéraire Hiver 2018

Prix Méditerranée Roussillon 2018

 

Avec ce premier roman, le chanteur Cali revient sur le drame de son enfance : la mort de sa mère, emportée par un cancer lorsqu'il était âgé de 6 ans.

Dans ce récit autobiographique, Cali se remet dans la peau du petit garçon de 6 ans qu'il a été. Il nous embarque dans l'année qui a suivi la mort de celle qu'il aime plus que tout. Son refus de fêter son anniversaire parce qu'il veut rester à 6 ans, quand sa maman était encore vivante, sa recherche, absolument bouleversante, de l'amour maternelle chez toutes les femmes qu'il croise: maman de son ami Alec, ses grands-mères, une jeune fille en colonie ...

Le titre du roman est vrai: seul un enfant peut aimer d'un amour pur, innocent, total, entier et surtout vital pour l'équilibre d'un si petit être qui se demande jusqu'à quand sa maman va mourir. 

En lisant ce récit on est pris d'une envie irrésistible de serrer ce petit garçon dans nos bras pour le bercer, le consoler, remplir sa petit gourde d'amour devenue vide bien trop tôt. 

 

Cali a su se mettre à hauteur d'enfant pour dépeindre de manière déchirante le chagrin et la résilience.

Bouleversant

 

Jeanne R.


Une oeuvre titanesque !! 

 

Ok j'avoue je n'avais jamais lu un seul roman de Paul Auster. Je pense avoir lu celui qu'il fallait! Quel roman! Absolument dingue. Les 4 destins possibles d'Archibald Ferguson, petit fils d'un immigré juif qui arriva à New York en 1900 et qui, devant le l'agent du service d'immigration prononçât une phrase mal comprise par ce dernier qui nota donc le nom de Ferguson sur ses papiers d'identité. 

L'histoire propose donc 4 destins pour son petit fils Archibald né en 1947. La construction du roman est très originale puisque chaque partie de la vie d'Archi est déclinée en 4 possibilités avant de passer à une autre partie. Ainsi, sur 7 grandes parties le roman se décline ainsi: 1.1, 1.2,1.3,1.4,1.5,1.6,1.7 etc 

J'avoue avoir failli lire le roman d'une autre manière (1.1 puis 2.1, ensuite 3.1 etc) de peur de perdre le fil de chaque histoire mais surtout ne pas faire cette erreur car c'est là tout l'intérêt du roman : passer d'un destin à l'autre en les laissant s'entremêler et se faire écho. 

Les changements de destins entraînent avec eux ceux des personnages secondaires rendant le roman passionnément complexe. 

Ainsi le lecteur débute avec un petit garçon fan de baseball qui grandit avec une mère possessive et un père anéanti par la trahison de ses frères qui dévalisent leur magasin d’électroménagers. On le suivre par la suite dans ses premiers ébats avec Amy, l'amoureuse qu'on retrouve dans chaque destin puis à Columbia après un grave accident qui le privera de deux doigts et mettra un terme à sa carrière sportive mais lui permettra d'échapper à la guerre au Vietnâm. 

Le deuxième destin sera plus bref, le papa d'Archi tient cette fois une salle de sport à Netwark et le petit garçon devient la bête noire de ses camardes de classe malgré son génie (il rédige et édite grâce à sa mère, un petit journal ). On découvre dans ce portrait le fameux camp de vacances "paradise" qu'on retrouvera dans d'autres destins, mais pour une courte durée. 

Le troisième destin aura un début tragique avec la mort du père d'Archi dans l'incendie criminel de son magasin. Le petit garçon s'installe à New York avec sa mère qui épousera par la suite Gilbert Schneiderman (le fils aîné de son ancien patron), lui même veuf. Dans le monde de cet Archi là, il devient un jeune homme aimant les femmes et les hommes et décide de ne pas intégrer une grande université américaine pour s'installer à Paris, suivre quelques cours mais surtout lire et écrire son roman. 

Le quatrième et dernier destin envoie Archie à Princeton, fait épouser sa mère par Dan Schneiderman (le frère de Gil) car ses parents divorcent et c'est le destin dans lequel Archi est le moins proche de son père (c'est le cas de le dire!). 

Même si à la fin du roman j'ai ressenti une pointe de déception : je m'attendais à une fin moins conventionnelle et beaucoup plus ouverte sur le champ des possibles, c'est tout de même un immense roman que Paul Auster à créé. 

 

Incroyable

 

Jeanne R.

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Glaçant !

 

Elísa Bjarnadóttir, mère de 3 jeunes enfants, se fait atrocement torturer avant de mourir à son domicile. Sa petite fille de 7 ans à tout vu, tout entendu, cachée sous le lit parental. 

Un jeune inspecteur de police et une psychologue de la maison de l'enfance vont tout faire pour sortir la fillette de son silence et résoudre l'affaire. Car l'Islande a affaire à un serial killer qui aura la particularité d'utiliser les objets domestiques de leur maison (aspirateur, fer à lisser etc) pour tuer ses victimes. Il laisse également sur les lieux d'étranges suite de chiffres absolument indéchiffrables. 

Parallèlement, le lecteur suit la banale vie d'un jeune homme tout juste orphelin, passionné d'échange radio codés...

Bien évidemment les liens se font petit à petit entre ses deux histoires. Voire même entre ses 3 histoires car un court chapitre, dès l'ouverture du roman, fait état, en 1987, d'une sordide histoire familiale ayant eu pour conséquence la séparation de 3 enfants dans des familles d'accueil différentes. 

Un roman absolument dingue: dès le début de l'histoire on est happé par le style direct, brutal, angoissant de l'auteure. Pour être tout à fait honnête, j'ai la fâcheuse tendance à appuyer sur la touche "coupure son" dès qu'il y a un meurtre dans la série "Esprits criminels" pour avoir un peu moins peur (tenez l'expérience, vous verrez que les tueurs sont beaucoup moins impressionnants sans le son!). Et bien au moment de chaque meurtre du roman c'est exactement ce que j'avais envie de faire : appuyer sur coupure son tellement les crimes étaient effroyables!

Seul petit bémol : même si le dénouement est surprenant, la logique de l'enquêteur qui mène au dénouement m'a laissé un peu perplexe, même si cela ne change rien à la qualité de cette enquête. 

Il y aura d'ailleurs une suite puisqu'il s'agit du premier tome d'une trilogie. Et je compte bien lire la suite!!

 

Jeanne R. 


Attention Chef d' Œuvre

 

Ce roman est une somptueuse fresque familiale de 1870 à 1930 à Etretat, en Normandie. Le narrateur, revenu blessé d'Algérie, vit d'une petite rente qui lui suffit amplement,  lui qui ne trouve la paix que sur son bateau et ses promenades le long des falaises. Et c'est sur

ces falaises qu'il fera la connaissance des peintres les plus connus de l'époque : Courbet et Monet plus particulièrement. Au détour d'une page, lors de l'enterrement de Manet, on découvre presque par hasard le nom de famille de Charles : Guillemet. Comme on avait découvert son prénom lors d'une exclamation de sa maîtresse Mathilde au détour d'une conversation, la discrétion semble être le mot juste pour décrire le narrateur qui, jusqu'à la page 133, avec la phrase "Guillemet mon homonyme", je ne me suis absolument pas posé de question sur lui. Je l'ai simplement suivi là où il voulait m'emmener, dans son récit envoûtant au pays des impressionnistes. 

Charles tombe donc sous le charme de Mathilde, femme de Louis Gosselin, richissime homme d'affaires collaborant avec Haussmann. Si ce dernier ne semble pas dérangé par la relation extra conjugale de sa femme, certainement par condescendance vis à vis du narrateur d'ailleurs, il n'en est pas de même lorsque ce dernier jette son dévolu quelques années plus tard sur sa fille Anna! Les ennuis commencent pour Charles, aussi bien avec Gosselin qu'au niveau sentimentale. Car Anna, beaucoup plus jeune et artiste dans l'âme va lui échapper tandis qu'il s’amourache de plus en plus et que son univers de pêcheur contemplatif ne suffit plus à la jeune fille. Mais grâce à elle il rencontrera Aline, modèle comme sa propre mère, disparue il y a bien longtemps mais qui refera surface dans ce roman à travers la peinture. Car Charles se mettra en quête d'un possible dessin la représentant dans sa prime jeunesse.

La discrétion du narrateur permet une vision absolument incroyable de cette époque, dont il semble être

le simple spectateur à première vue en tout cas. Car au delà de la fresque historique et artistique, il s'agit bien également d'une saga familiale et sentimentale.

Le 19eme siècle est dépeint avec précision, l'auteur relate même l'incendie du bazar de la charité en 1897 (raconté merveilleusement bien par Gaëlle Nohant dans "La part des flammes") ou la catastrophe minière de Courrières. L'évolution extraordinaire de ce siècle en termes de nouvelles technologies est décrit avec précision. Avant de basculer dans les horreurs de la première Guerre Mondiale qui touchera sa famille de plein fouet.

 

Ce roman est extrêmement abouti : un travail titanesque permet à l'écrivain de n'oublier absolument aucun impressionniste, pas même Bazille, ni l'antisémitisme de Degas, ni la mauvaise humeur de Monet, ni aucun moment important de leur vie, aucune anecdote. C'est juste incroyable !!

 

Un Chef d'Oeuvre! Enorme Coup de Cœur qu'il faut absolument lire de toute urgence!!

 

Jeanne R.


Pour les fans de roman choral ! 

 

4 personnages, 4 voix, 3 époques. Emma dans les années 80. Tess complètement perdue dans la nuit, sans que l'on sache précisément quand dans le temps, avec cet étrange symbole de la grande roue qui fait écho à l'endroit où Emma à rencontré Marc. Nathan dans bureau du flic Field à la recherche de la vérité mais laquelle? Et David si mystérieux que même lui ne semble pas savoir qui il est (tout comme Tess d'ailleurs). 

Difficile de parler d'un livre en faisant attention de ne délivrer aucun indice car absolument tous les personnages  sont entourés d'un lourd secret. 

Mais on peut, sans trahir le mystère qui entoure l'intrigue, parler des sentiments qui nous traversent, à sa lecture : ce lourd malaise en lisant les chapitres qui concernent Emma. Car elle est une cible idéale pour un homme comme Marc. Mal aimée par ses parents, transparente, peu sûre d'elle, Marc représente le prince charmant qui la veut, pour lui seul et pour toujours. On voit le piège se refermer sur Emma mais elle ne semble être la seule à ne pas le remarquer. Une tension insupportable règne sur les chapitres la concernant. Tess semble revenir de loin et un énorme traumatisme peut justifier cette errance amnésique dans la nuit. Le personnage le plus mystérieux dans ce roman reste à mes yeux le personnage de david qui réserve une surprise de taille. 

D'une écriture courte, allant droit au sentiment, a l'émotion des personnages, dans un style direct, brut, vrai, on est littéralement embarqué par cette histoire qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin et qui continue à trotter dans notre tête bien après que la dernière page pas ait été terminée et le livre refermé.  

 

Jeanne R.


Premier coup de coeur !

 

On retrouve, dans ce nouveau roman d'Olivier Adam, l'idée de la perte, du deuil mais un deuil complexe : une disparition, qui nécessite une enquête par le personnage. Ce personnage c'est la narratrice, jeune femme à la recherche de son père chanteur ultra connu.

Dans le nouveau O..Adam il y a l'esprit de "Je vais bien ne t'en fais pas", le fantôme du disparu, l'enquête de son entourage et les souvenirs emmènent au final à des questionnements sur sa propre vie.

Enfant rejetée par sa mère, petit boulet pour son père (beaucoup plus par maladresse qu'autre chose), la narratrice est devenue l'adulte discrète, renfermée, presque transparente qu'elle était déjà enfant pour ne déranger personne. 

La fille du chanteur, ère dans les rues, dans sa vie ... au gré des souvenirs le lecteur la découvre tout en suivant sa propre enquête sur la disparition de son père, ce chanteur si connu avec lequel elle n'a pourtant presque pas communiqué dans sa vie. 

Retiré dans sa maison de campagne comme un ermite, il fuit tout et tout le monde. Un jour il disparaît. On retrouve son alfa Roméo au bord du Rhône, Avec toutes ses affaires laissées à l'intérieur. Les semaines passent, tout le monde considère que le chanteur s'est suicidé. Lorsque deux amis, et collègues de la narratrice (qui travaille dans l'édition), reviennent d'un voyage à Lisbonne et lui montre la photo d'un chanteur des rues ressemblant étrangement à son père. Elle décide alors de partir à sa recherche. 

Un roman court, haletant, l'histoire d'une jeune femme qui n'a pas eu pour habitude de parler et qui se livre petit à petit à travers une écriture hachée mais sincère. Une écriture qui va à l'essentiel.

Du beau Adam comme d'habitude!

 

Jeanne R.