Rentrée Littéraire 2015

*photo trouvée sur pinterest et sur seasonal-love.tumblr.com

D'une originalité FOLLE !!!

 

Voilà LE roman qui m'a définitivement réconcilié avec la rentrée Littéraire 2015! C'est LE coup de cœur !

Les gens dans l'enveloppe est un roman qui demande un instant de répit avant d'entamer une autre lecture. Le genre de livre qui une fois refermé, continue de faire son chemin au delà des pages, au delà de l'histoire ou plutôt des histoires.

Car c'est là tout l'intérêt de l'ouvrage : une première partie romancée sur des photos achetées par l'auteure sur un site internet et une deuxième partie sur l'enquête qui mènera à la véritable identité des gens dans l'enveloppe. On pourrait en rester là si Isabelle Monnin n'était pas une amie du chanteur Alex Beaupain qui, séduit par le projet, décide de mettre en musique la partie romancée.

Et quelle musique! Chaque chanson correspond à l'histoire d'un des personnage: Michelle la mère, Laurence l'enfant, Simone la grand mère et Serge le père. Des textes percutants, des mélodies entêtantes, la participation surprenant des "vrais" protagonistes. Énorme coup de cœur pour les chansons "mon cher " et "Couper les virages" , les deux morceaux symbolisant le personnage de Michelle, la femme de Serge partie en Argentine avec son amant. J'y ai découvert la magnifique voix de la comédienne Clotilde Hesme que je ne connaissais pas en tant que chanteuse. 

L'ensemble de l'œuvre est aussi inattendu qu'exceptionnel. On est littéralement transporté par la partie romancée. On veut croire à cette petite Laurence abandonnée par sa mère, élevée par sa mamie poulet et son père solitaire. On aime découvrir l'histoire de Simone la grand mère, la fuite de Michelle avec son amant, la construction difficile, quasi impossible d'une petite fille qui attend sa maman. On découvre ensuite quelques photos de l' "enveloppe" : des hommes des femmes d'un autre temps, une enfant parmi ces adultes. On a à peine le temps de se demander comment ces photos ont pu être vendues et se retrouver dans les mains d'Isabelle Monnin que cette dernière enchaîne avec l'enquête. Un peu déstabilisée au début par la découverte des véritables prénoms des "gens dans l'enveloppe" j'ai rapidement le deuil de la partie romancée pour me passionner par l'histoire familiale, la vraie cette fois, qui s'offre à nous. Quelle belle découverte que ce roman/documentaire, quel magnifique concept que la mise en musique de cette œuvre. C'est beau, c'est entraînant , c'est entêtant, c'est à lire absolument !!!

 

Jeanne R.


On adore !!!!

 

Daniel Kelly fut grand. Daniel Kelly fut un gagnant, Daniel Kelly fut Danny le dingue, Danny Barracuda, le roi des bassins, le lycéen le plus prometteur de sa génération en natation. Mais Danny est mal dans sa peau car catapulté, grâce à sa bourse scolaire, dans un établissement de petits bourgeois.

Une classe sociale le sépare de ses camarades qui le lui font bien ressentir et ne l'acceptent pas. Pour se faire respecter Danny joue les gros bras et se forge une réputation de gros dur impulsif. Malheureusement dans un moment de la vie qu'est l'adolescence où la construction de la personnalité nécessité des repères solides, Danny en est privé. Dans l'incapacité totale de dialoguer avec son père, il recherche désespérément une figure paternelle qui lui donnerait confiance en lui.

Il trouve ce modèle auprès de son entraîneur mais les failles de Danny sont trop grandes, cette voix intérieure qui se fait de plus en plus violente, de plus en plus incontrôlable va bientôt causer sa perte et seule la prison viendra stopper l'escalade de violence chez ce jeune si prometteur qui ne trouvait sa place ni dans le pays d'adoption de ses parents, ni dans sa famille, ni dans le système scolaire.

A l'âge adulte le rêve est brisé, c'est la déchéance pour Danny qui va apprendre à revivre sans la natation, sans la gloire qui était son seul objectif, dans l'anonymat le plus complet face à lui-même. Lui, homosexuel, littéraire, sensible, humain et dans le fond encore ce petit garçon perdu qui n'a jamais compris les codes de notre société trop violente trop cruelle trop dur pour lui. Un livre coup de poing sur la place d'un jeune enfant d'immigré dans la société, sur la construction dans le dépassement de soi au risque de se perdre, dans les rapports entre enfants et parents qui passent par l'affrontement, la honte, la réconciliation, un roman sur l'échec, du grand, du très grand Tsiolkas!

 

Jeanne R.

Pssss : ce petit bijou est désormais disponible en livre de poche aux éditions 10/18!!


LE  roman qu'il faut absolument lire dans cette rentrée littéraire!

 

Etienne revient de loin : le roman débute par son retour en France après sa libération. Car Etienne est photographe dans les pays en guerre et s'est fait enlever pour devenir un otage. Dans quel pays? Combien de temps? L'auteure ne le dévoilera pas mais cela importe peu, le roman est ailleurs. 

Etienne va se ressourcer dans son village d'enfance auprès de sa mère, Irène, qui a attendu son fils comme elle a attendu son mari, disparu un beau jour en mer. Irène qui s'accord le droit de jouer de nouveau du piano, tandis qu'Etienne se souvient de cette partition qui le faisait tenir durant sa captivité : une musique jouée à trois instruments, par un trio d'amis presque frères et sœur : Etienne, Enzo l'italien et Jofranka, la petite fille qui revenait de loin et qui aide désormais les femmes victimes de tortures sexuelles dans les pays en guerre à attaquer leurs bourreaux devant le tribunal de La Haye. 

Mais le retour à la vie est difficile, le sentiment de captivité est persistant. Etienne repense à Emma, qui a rompu, ne supportant plus l'attente de son retour. Enzo pense à Jofranka : mariés puis divorcés, il n'a pas su l'empêcher de partir loin, comme Etienne. Il y a ceux qui partent comme Jofranka, Etienne et son père, et ceux qui restent à l'instar d'Irène, Enzo et Emma. Mais devient-on otage lorsqu'on part et qu'on se fait enlever ou la sensation de captivité peut elle simplement être dans nos peurs, nos souvenirs, nos regrets? 

Un roman intimiste, vrai, sur des valeurs fondamentales : l'amour, l'amitié, la famille, les échecs et les possibles. 

 

Magnifique !

 

Jeanne R.


On espère juste ne pas leur ressembler!

 

L'histoire se passe sur la Côte d'Azur, lieu de vacances de deux couples quarantenaires avec leurs enfants qui ont tous les quatre loué des appartements voisins et ne pensent qu'à profiter de leur progéniture et à se relaxer. En réalité l'histoire a démarré beaucoup plus tôt dans leur ville respective, dans leur vie respective, dans leur quotidien respectif. Car c'est le thème du roman : la description aigre douce de leur quotidien, de l'usure de leur couple, des non dits accumulés qui précipitent leur couple au bord du précipice. 

D'un côté Claire et Arnaud qui viennent de Lyon avec leur petit Erwan de 7 ans. Arnaud, qui saoule tout le monde avec sa passion de la macrophotographie, est surtout un spécialiste de la technique de l'autruche, technique qui lui permet de ne pas regarder la réalité en face. La réalité c'est que Claire s'éloigne de plus en plus, préférant son aquabike et ses longueurs à son mari tandis que ce dernier devient littéralement accro aux rendez vous pornos sur son pc. Cette attitude de déni va pousser Claire dans les bras d'un beau parleur durant leurs vacances et la convaincre de prendre sa vie en main, en tout cas d'enfin annoncer à son mari qu'elle le quitte. 

De l'autre côté, Vincent, Virginie et leurs deux filles de Nancy. Vincent, informaticien et apprenti boursier ne se rend absolument pas compte du mal être de sa femme qui complexe nuit et jour sur son surpoids et se persuade de l'infidélité de son mari au vue des coups de téléphone incessants et des textos échangés tandis qu'en réalité il se démène avec un mauvais placement n'osant avouer à sa femme, désireuse d'acquérir des biens toujours plus chers, qu'il a perdu une somme folle dans son apprentissage. 

En réalité, pas sûr que ces 4 personnages aient besoin de vacances mais plutôt d'une bonne thérapie de couple! On aimerait que notre couple ne leur ressemble absolument pas,, pourtant on ne peut s'empêcher de se reconnaître dans bon nombre de situations... drôle ou inquiétant? 

 

Jeanne R.


Le Grand Prix du Roman de l'Académie Française 


L'histoire se déroule en Abistan, immense Empire de 60 provinces, dirigé par Abi le prophète, "délégué" de Yölah sur terre. Il semblerait que l'histoire se passe en 2084 mais personne ne peut en réalité confirmer car... aucun habitant d'Abistan n'a la moindre information sur l'histoire de son pays, sur sa propre histoire et tout se déroule comme si la population était frappée d'amnésie. Et le plus incroyable c'est qu'absolument personne ne semble curieuse sur aucun sujet. 

Personne sauf Ati, le trentaine, qui vient à peine de sortir du sanatorium dans lequel il a été soigné pour sa tuberculose. De son voyage Ati en a tiré une certaine curiosité et un début de doute sur la religion imposée par le pouvoir. 

De retour dans son village il fait la connaissance de Nas, un ethnologue qui a fait une étrange découverte : un village antique qui remettrait en question tout ce que le pouvoir en place tente de faire croire à ses habitants. 


Dans une atmosphère surréaliste, le lecteur découvre les lois, la censure, l'oppression, l'amnésie, la soumission imposée par les islamistes après la Grande Guerre Sainte. C'est en lisant un article du Monde que j'ai appris le mot "dystopie" pour décrire le roman 2084 (on en apprend tous les jours!) : un monde imaginaire où tout est fait pour empêcher les personnages d'être heureux part une idéologie extrême comme une contre utopie. 1984 d'Orwell est également un genre littéraire dystopique. L'auteur fait d'ailleurs référence à ce grand classique dans 2084, laissant penser que l'histoire de Boualem Sansal est une forme de suite de 1984. 


Bouleversant et assez anxiogène!


Jeanne R.


Suicide ou meurtre?


Mirhalay, une île perdue des Hébrides, est en endroit contradictoire : inconnue de la grande partie de la population, elle est adulée pour une petit groupe d'élites, car elle a été la dernière demeure et le lieu du suicide (ou pas) du maître du polar : Galwin Donnell. 

Malheureusement pour Franck, jeune infirmer, cette île intéresse tout particulièrement sa compagne Emilie car cette dernière n'a rien trouvé de mieux, au moment ou Franck aborda le sujet "bébé", que de faire une thèse; sur Galwin Donnell. Elle est donc désignée pour organiser le colloque annuel sur l'île. 

Franck décide de la rejoindre après plusieurs semaines de séparation pour, entre autres, lui déclarer son amour. Mais arrivé sur l'île Franck se retrouve face à un groupe d'éminents universitaires spécialisés sur la question de Donnell. Fuyant les dîners où il surprend Emilie en train de le faire passer pour un médecin, Franck fait la connaissance du gardien de Mirhalay, Jock, et découvre avec lui l'île à travers le regard de ses gardiens. 

Mais à l'image de l'île, les sentiments de Franck pour Emilie risquent eux aussi de tomber dans l'oubli....


Jeanne R.


Un roman douloureusement beau

 

Moscou, 1986, le petit Evgueni, 9 ans est un prodige du piano. Sa mère et sa tante Maria se sacrifient pour ses cours de piano. D'ici peu il passera le concours pour rentrer au conservatoire. Mais une petite bande de voyou n'a de cesse de harceler allant même jusqu'à lui casser un de ses précieux doigts..Il termine donc à l'hôpital où il est prit en charge par Grigori, imminent chirurgien et ex-mari de sa tante Maria. 

Il se remet difficilement de son mariage brisé et lorsqu'en avril 1986 survient la catastrophe de Tchernobyl il est envoyé en Ukraine pour évacuer la population et soigner les premiers blessés. 

C'est dans un de ces camps de soins qu'il rencontre le jeune Artiom évacué avec sa famille, qui vivait à 10 km de la centrale nucléaire....

C'est un chassé croisé entre un petit groupe de personnages dans un moment de leur vie absolument dramatique où chacun essaye de survivre, entre les conséquences terribles de Tchernobyl et les menaces du KGB. Un roman merveilleusement dramatique. Une gravité dans l'écriture et attachement pour les personnages qui s'installe dès le début du roman. On tremble pour la famille d'Artiom de les savoir tous si proches de la catastrophe, on supplie Maria d'être prudente dans ses décisions avec les surveillances du gouvernement. Bref une rentrée littéraire certes sur des sujets très lourds, un brin démoralisant mais si tous les romans étaient aussi bons, nous on veut bien lire tous les lire !

 

A lire!!

 

Jeanne R.


LE roman dérangeant de cette rentrée littéraire

 

Pour Nathalie Rheims le roman raconte l'Initiation d'une jeune fille à l'amour charnel et au théâtre mais est-on une jeune fille ou une enfant à 12 ans? 

Un soir en corse, dans la villa familiale qui accueille le tout Paris, arrive Dalida et un ami à elle comédien : Pierre. La petite fille tombe amoureuse de lui et fera tout pour le revoir. Cette enfant qui vient de sortit d'une maladie qui l'a immobilisé durant des mois et des mois, devient une enfant comme les autres et réalise enfin ses souhaits. 

A travers Pierre et les excuses qu'elle trouve pour le voir et le revoir, elle va surtout découvrir le théâtre qui sera sa grande passion. 

Un roman très bien écrit, très poétique mais qui me pose question.

Mais alors où est le problème? Il y en a un a plusieurs degrés : Le sentiment amoureux. Peut-on parler d'amour à 13 ans notamment envers un homme de 43 ans? Que cette enfant ait ressenti des sentiments amoureux c'est une chose mais le passage à l'acte en est une autre. L'enfant s'offre à Pierre, 43 ans, qui la prend tout simplement au lieu de se positionner en tant qu'adulte et "stopper" les fantasmes de cette adolescente. Rapport consenti? viol? "détournement de majeur" comme je l'ai lu dans plusieurs critiques et qui me fait bondir car enfin, maintenant se sont les jeunes adolescentes qui détournent les adultes? 

Mais plus précisément ce qui me pose problème est la chose suivante. j'aurais à la limite compris une histoire d'amour interdite où l'homme attend que la narratrice grandisse (qui aurait été il me semble une belle preuve d'amour). Mais non seulement l'homme n'attend pas mais il se sert de cette gamine comme d'un sextoys ambulant ! Fellation, sodomie : je ne pense pas qu'à 13 ans, amoureuse d'un homme d'âge mûr, on s'attende à se retrouver sur le ventre dans un salon, sodomisée par un homme de 43 ans, qui a en plus bien conscience de la personne qu'il a en face de lui puisqu'il ne cesse de l'appeler "petite fille". Bel amour que celui de ce pervers qui se sert de sa bouche comme d'un vide-couilles et qui la congédie aussitôt son acte terminé....

Dérangeant ce roman, très dérangeant....

 

Jeanne R.

 


Comédie douce-amère

 

Sophie, jeune lyonnaise d'une trentaine d'années, tente de vivre de sa plume. Autant le dire clairement, elle est purement et simplement au chômage. Dans son minuscule studio elle fait la chasse à toute dépense inutile, attrape des suées à chaque mauvaise surprise financière (que celui qui n'a jamais eu de sueur froide en ouvrant ses régul' EDF/GDF/Véolia lui jette la première pierre), et cherche des solutions pour se sortir de cette mouise tout en ayant des réflexions complètement déjantées, un meilleur ami queutard, les conseils de sa mère et de son démon personnel Lorchus.

L'écriture complètement décalée du roman est absolument exquise : des originalités stylistiques et graphiques, s'ajoutent les pensées, angoisses, questionnements, d'une génération qui à obéit à tout ce qu'on avait exigé d'elle enfant : des bonnes notes à l'école, des longues études, un beau diplôme qui fasse la fierté de la famille et.... le chômage, la précarité, les démarches administratives interminables pour ne pas sombrer avec 15 euros sur le compte en banque dès le 7 du mois.

Un roman qui sociologiquement parlant dénonce les désenchantements et les désillusions des jeunes adultes qui ont pourtant tout fait pour rentrer dans les normes de la société et devenir de vrais adultes. Drôle et en même temps criant de vérité sur leurs conditions. Un roman très original qui se termine par un "bonus", comme dans les DVD. Beaucoup d'originalité mais toujours dans la maîtrise. A lire!

 

"Etant la dernière de la famille, j'ai vécu par avance toutes les vies qu'ont bâties mes frères, ils sont chacun une part de moi-même. Si je suis l'affamée de la famille, je le suis pour eux tous , tant j'ai longtemps voulu croire que nous formions à nous sept l'humanité tout entière". 

 

" A vrai dire, la difficulté n'était pas seulement de plaire aux hommes, il aurait aussi fallu qu'un homme me plaise. Or, je n'aime pas les hommes qui draguent, je n'aime pas non plus ceux qui ne tentent rien ; je n'aime pas les hommes qui ne lisent pas, mais je n'aime pas ceux cloîtrés dans leurs bouquins; je n'aime pas les hommes timides ni ceux qui se croient tout permis; je n'aime pas les hommes qui cherchent avant tout une mère pour leurs enfants; je n'aime pas les hommes qui se sont vraiment découverts en allant passer une semaine dans le désert..."

 

Jeanne R.

 


Quel ennui....


Si je devais utiliser un seul mot pour décrire ce roman : l'ennui! Mais alors quel ennui...Si toute la rentrée littéraire est aussi plombante qu'on me le dise svp...

Bref pour résumé, Detroit, 2008, ville fantôme post crise économique. Une ville en faillite qui se vide de ses entreprises et de ses habitants. Eugène, jeune ingénieur d'une entreprise française est muté là bas par son entreprise qui lui vend du rêve alors que le but est clairement de l'utiliser pour sauver les apparences avec la fermeture prochaine de cette dernière.

Il y a le petit Charlie, garçonnet de 8 ans élevé par sa grand-mère depuis sa naissance qui fugue avec ses amis. Et enfin l'inspecteur Brown qui ne comprend pas où se volatilisent tous les enfants de cette ville, persuadé qu'une espèce de chanteur de flûte attire les enfants quelque part.

Alors l'ambiance pesante d'une ville fantôme je vous confirme, on la ressent TOUT le roman, avec la furieuse envie de fuir la ville avec ses habitants!

Clairement on commence à peine à trouver, à force de persévérance (quel professionnalisme tout de même), à 100 pages de la fin, une petite curiosité sur ce qui va se passer. Mais enfin, la plupart du temps une petite voix me disait "mais franchement on se fout complètement de savoir où ils sont, ferme ce livre!"

On passe vite à autre chose et on ne dépense pas 19€ la dedans!


Jeanne R.



Choquant....

 

Le roman s'ouvre sur l'institutrice de Diana, petite fille de 8 ans, qui découvre l'avis de recherche de son ancienne élève disparue. Immédiatement elle a compris. Elle se remémore les bleus, les fractures, le comportement de l'enfant et pense que tous ceux qui ont déjà croisé la route de l'enfant savent qu'elle n'a pas disparue, qu'il est déjà trop tard.

Dès le deuxième chapitre, la parole est donnée, sous forme de témoignages très factuels, à la grand-mère et à la tante de l'enfant, premiers témoins du drame familiale, de gestes brusque, d'un sentiment de gêne oppressant qui vous fait comprendre intuitivement que l'enfant est en danger.

Et puis, vient la voix de sa première institutrice qui comprend, prévient, se bat, dont le regard de l'enfant l'obsède. La directrice de sa première école, le médecin scolaire. Et on sent que le roman s'emballe exactement de la même manière qu'une radio pu un présentateur télé pourraient énumérer la liste des manquements de l'éducation nationale, le corps médical, le système. Les témoignages s'enchainent: institutrice et directrice de la nouvelle école, un médecin, deux médecins, autre institutrice, assistante sociale, le grand frère. Et tout au long de la lecture, au rythme des procédures, des signalements, des convocations des parents, on se dit, présentant le fin tragique : "mais dépêchez vous elle va mourir". Et elle meurt bien sûr. Parce que la petite Diana, inspirée par tant de faits divers, est en réalité tous ses enfants morts sous les coups dont le journal de 20h ne cesse de raconter les ratés du système : la petite Marina morte à 8 ans, le petit Nolan 2 ans et demi dont le visage violacé n'a fait que semer des doutes chez le pédiatre qui l'a ausculté, Léni, l'insupportable calvaire de la petite Typhaine 5 ans et plus récemment Bastien mort dans le tambour de la machine à laver mis en route par son papa pour le punir....

Un livre coup de poing. Terrible. Terriblement juste.

 

Jeanne R.


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